
Le Plan d'Épargne Retraite (PER) est un outil d'épargne conçu pour aider les individus à préparer leur retraite de manière fiscalement avantageuse. Alors forcément, l'une des questions essentielles que vous pouvez vous poser est : comment cela se passe-t-il à la sortie, une fois qu’il est temps de récupérer les sommes épargnées ?
Sur ce point, le PER offre le choix : à la retraite, il est possible de débloquer son argent et ses intérêts sous la forme d’une rente (une somme reçue tous les mois qui vient s’ajouter à votre pension d’État), ou alors via un retrait en capital (soit l’intégralité de la somme due, d’un coup).
Mais quelle est l’imposition en vigueur pour chaque choix ? Que se passe-t-il en cas de déblocage anticipé pour les raisons mentionnées dans l'article précédent ? Ou pire, que devient l’argent en cas de décès du titulaire pendant la période d’épargne, ou bien de rente ?
Dans cet article, nous allons explorer en détail la fiscalité associée à ces différentes situations.
Si votre capital est bloqué jusqu’à votre retraite, il existe évidemment certains cas de figure qui permettent de débloquer ses fonds à tout moment. Mais forcément, il s’agit de cas exceptionnels qui, pour la plupart, ne sont pas forcément souhaitables.
Voici donc l’ensemble de ces cas :
Vous pouvez utiliser les fonds de votre PER pour financer l'achat de votre résidence principale. Il n’y a pas vraiment de conditions particulières (comme le fait d’être primo-accédant), donc en cas de coup dur, l’épargne de votre PER peut s’avérer décisive.
En cas d'invalidité (taux d'incapacité d'au moins 50 %), vous pouvez demander une sortie anticipée de votre PER sans pénalités fiscales. Cette invalidité n’a pas à toucher exclusivement le détenteur du contrat : il est possible de demander un déblocage si cela concerne votre personne, un enfant, un époux ou un partenaire de Pacs.
La notion d’invalidité est ici entendue au sens de la 2ème catégorie et de la 3ème catégorie de l’article L341-4 du Code de la sécurité sociale :
Depuis le 14 juin 2026, vous pouvez également demander le déblocage de votre PER lorsque votre enfant à charge est atteint d'une affection grave, d'un handicap, ou victime d'un accident d'une particulière gravité. Contrairement au cas de l'invalidité, il n'est pas nécessaire que l'enfant soit reconnu invalide de 2ème ou 3ème catégorie.
Si vous êtes déclaré en situation de surendettement par la Banque de France, la commission de surendettement pourra effectuer une demande de déblocage en votre nom pour résoudre cette situation.
En cas de décès de votre conjoint ou partenaire de Pacs, vous pouvez demander une sortie anticipée de votre PER. À noter que cela ne concerne pas le décès d’un enfant ou d’un parent.
La cessation de l'activité en tant que travailleur non salarié à la suite d'une décision de liquidation judiciaire peut être une raison valable pour un déblocage anticipé. De manière alternative, une requête du Président du Tribunal de Commerce dans le cadre d'une procédure de conciliation peut également entraîner un déblocage anticipé des fonds épargnés.
La fin des droits de l'épargnant à l'assurance chômage est un motif de déblocage anticipé des fonds. Attention toutefois, il s’agit uniquement des droits au chômage : la perte d’un emploi, même en CDI, ne permet pas le déblocage du PER.
💡 La fiscalité des déblocages anticipés
Sur le plan fiscal, pour les accidents de la vie (invalidité, surendettement, décès du conjoint, liquidation judiciaire, fin des droits au chômage), il existe une exonération de l'impôt sur le revenu : seuls les prélèvements sociaux sur les plus-values s'appliquent, au taux de 18,6 % depuis le 1er janvier 2026. En conséquence, le PER peut également être considéré comme une forme d'assurance pour les mauvais moments de la vie.
En revanche, le déblocage pour l'achat de la résidence principale n'est pas exonéré : il est imposé comme une sortie en capital à la retraite (voir ci-dessous).
Pour en savoir plus, consultez notre article dédié.
Au moment de la sortie du PER, la fiscalité pour le capital versé est généralement basée sur le taux d'imposition sur le revenu (IR) en vigueur.
Par exemple, si vous êtes imposé à 11 %, ce même taux s'appliquera au capital épargné au fil des années. En ce qui concerne les plus-values, elles sont soumises à la flat tax, ce qui signifie que 31,4 % sont prélevés (12,8 % d'impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux depuis le 1er janvier 2026).
Le plus important à la sortie, en ce qui concerne la fiscalité, se décide selon 3 facteurs :
💡Pour mieux comprendre le fonctionnement de la fiscalité à la retraite, nous nous baserons sur ce cas de figure :
👉Supposons que vous ayez versé au total 40 000 € dans votre PER, soit 100 € par mois depuis l'âge de 34 ans. De plus, vous avez généré une plus-value de 60 000 €, basée sur un rendement de 5 % par an (hypothèse réaliste et conservatrice basée sur des profils de risque équilibrés).
La somme à débloquer est donc de 100 000€.
Ces prélèvements sociaux sont imposés sur une fraction de la rente, en fonction de l’âge lors du 1er versement.

🧮 Calcul
(100 000 - 10%) * TMI et prélèvements sociaux (18,6%) sur une fraction de la rente
🧮 Calcul
60000*31,4% + 40 000 * TMI%
💡 Note :
Si votre revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année est inférieur à 25 000 € (50 000 € pour un couple), vous pouvez demander à être dispensé de l'acompte de 12,8 % prélevé à la source. Il s'agit d'une dispense d'avance et non d'une exonération : l'impôt reste dû lors de votre déclaration de revenus, et les prélèvements sociaux s'appliquent dans tous les cas.
C'est le cas si vous avez choisi de ne pas déduire vos versements, mais aussi pour tous les versements effectués après 70 ans, qui ne sont plus déductibles depuis le 1er janvier 2026.

Ainsi, seulement une partie de votre rente sera imposée et non sa totalité, ce qui constitue un vrai avantage fiscal.
🧮 Calcul
60000*31,4% = 18 840 €
💡 Note :
Si votre revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année est inférieur à 25 000 € (50 000 € pour un couple), vous pouvez demander à être dispensé de l'acompte de 12,8 % prélevé à la source. Il s'agit d'une dispense d'avance et non d'une exonération : l'impôt reste dû lors de votre déclaration de revenus, et les prélèvements sociaux s'appliquent dans tous les cas.
⚠️ Notes générales
• Il est aussi possible de récupérer en capital fractionné c’est-à-dire plusieurs virements. La fiscalité qui s’applique est celle de la sortie en capital. Cela permet d’échelonner et d’optimiser sa charge fiscale si votre TMI diminue avec le temps.
• Il est possible d’avoir activé ou désactivé la déductibilité en cours de route, les calculs seront modifiés en fonction.
📚 Lexique : flat tax
La "flat tax" est un terme utilisé pour désigner le prélèvement forfaitaire unique (PFU) qui s'applique à certaines formes de revenus de placement, y compris les revenus générés par un Plan d'Épargne Retraite (PER). Ce taux est dit unique car il ne prend pas en compte votre tranche d’imposition et votre revenu fiscal de référence.
Lorsque le titulaire du PER assurantiel (comme celui de Caravel) décède, les fonds du PER sont transmis à ses héritiers, tels que définis dans la clause bénéficiaire, sous la forme choisie (rente ou capital). La fiscalité applicable varie en fonction de l'âge du titulaire au moment du décès.
Dans les deux cas, le conjoint ou le partenaire de Pacs du titulaire est totalement exonéré.
En conclusion, la fiscalité du PER à la sortie est un aspect essentiel à prendre en compte lors de la planification de votre retraite. Les choix que vous faites en matière de déduction, de sortie en rente ou en capital, et la période de sortie, auront un impact significatif sur votre situation fiscale.
Bien sûr, nous pouvons vous conseiller sur le meilleur choix à faire en fonction de vos objectifs, alors n’hésitez pas à nous contacter si vous avez la moindre question sur votre PER !