Cet été, chez Caravel, nous avons voulu prendre le temps d’élargir nos horizons.

Notre modèle de retraite actuel, pensé pour une vie linéaire (éducation → carrière → retraite), ne correspond plus aux aspirations des nouvelles générations, ni aux réalités économiques et socio-démographiques d’aujourd’hui.

Nous partageons ici quelques réflexions inspirantes, portées par des chercheurs, des philosophes, des économistes et des citoyens, qui interrogent le modèle actuel et ouvrent d’autres chemins possibles.

1. Le revenu universel de longévité

Pour commencer, la retraite est-elle si souhaitable ? Les études montrent qu’elle peut parfois engendrer désocialisation et appauvrissement. Rien de moins qu’une « malédiction du loisir absolu érigé en mode de vie » et une « fabrique du vieillissement qu’elle est censée soulager », dénonce le philosophe Pascal Bruckner dans Une brève éternité. Philosophie de la longévité (Grasset, 2019).

Rompre avec l’idée d’une vie linéaire — éducation, travail, retraite — suppose de repenser notre contrat social. Bruckner imagine ainsi un revenu de longévité, versé dès la majorité et tout au long de la vie, offrant à chacun une autonomie économique et la possibilité de faire des pauses, de se réorienter ou de lancer des projets sans craindre la précarité.

Cette idée s’inscrit dans une réflexion plus large sur le vieillissement démographique, la robotisation et l’automatisation du travail. Elle fait écho au revenu universel, mais avec une ambition nouvelle : soutenir la liberté tout au long de la vie et effacer la frontière entre travail et retraite.

2. La retraite tout au long de sa vie

Dans la même lignée, avec moins de rupture, le philosophe Gaspard Koenig et son think tank Generation Libre plaident pour la création d’un compte temps universel.

Ce dispositif fusionnerait chômage et retraite : chacun cotiserait en travaillant pour accumuler des points, qu’il pourrait ensuite utiliser librement — pour un break à 30 ans, un temps partiel à 50 ans ou une retraite à 65 ans.

Cette approche incarne l’idée d’une décélération douce. On ne « partirait » plus à la retraite, mais on aménagerait progressivement son temps de travail. Plus de rupture brutale, mais une gestion souple de sa vie professionnelle, pour éviter l’usure, le burn-out et le clivage entre actifs et retraités.

Ce modèle faciliterait les reconversions ou un recentrage sur des activités sociales, culturelles ou écologiques. Il rejoint des initiatives déjà présentes en France et en Europe : retraite progressive, CPF, congé sabbatique élargi, seconde carrière, congés modulables. La vie professionnelle ne serait plus une course d’endurance jusqu’à l’épuisement, mais un chemin modulable.

3. La retraite comme outil de décroissance

À contre-courant, l’économiste Jean-Marie Harribey défend une retraite par répartition renforcée, pensée comme un outil collectif de partage des richesses et même de décroissance.

Pour lui, travailler plus longtemps n’est pas la seule voie. Depuis les années 1970, la part salariale dans la valeur ajoutée a reculé de 5 à 10 %, au profit du capital. Restaurer cet équilibre suffirait à financer davantage de retraités sans repousser l’âge légal. Harribey propose ainsi une hausse progressive des cotisations sociales, permise par les gains de productivité.

À plus long terme, si l’automatisation et la rareté énergétique conduisent à une décroissance, la retraite pourrait devenir un levier de réorganisation du temps de travail. Stabiliser, voire réduire progressivement l’âge légal, permettrait de partager un travail humain devenu plus rare.

Cela suppose une mutation culturelle profonde : accepter une baisse relative des revenus, pour privilégier une société où la convivialité et la simplicité remplaceraient la course à la croissance illimitée. La retraite y deviendrait un pivot de solidarité, autant qu’une protection individuelle.

4. La retraite, nouvel idéal des trentenaires

Enfin, une voix différente se fait entendre : celle des jeunes générations.

Dans un article des Échos (« Je suis trentenaire et je veux partir à la retraite », 2023), de nombreux trentenaires et quadragénaires expriment leur désir de rupture. Leur aspiration n’est pas l’oisiveté, mais la liberté de choisir : décider de ses projets plutôt que de les subir, quitter la course à la performance pour investir son énergie dans ce qui compte vraiment — soi, ses proches, son environnement.

Dans ce contexte, la « retraite » cesse d’être un horizon lointain et devient un symbole de reconquête du temps, parfois recherché dès la trentaine. Un idéal de flexibilité et de choix, bien plus qu’une récompense différée.

Et vous ?

Parmi ces réflexions, lesquelles vous inspirent le plus ? Ces pistes alternatives nous rappellent que la retraite n’est pas un modèle figé, mais un projet de société à réinventer.

Chez Caravel, nous croyons qu’il est possible d’imaginer une retraite plus flexible, durable et adaptée aux aspirations de chacun.

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