💡 L'essentiel en 30 secondes : En 2026, les labels ou la conformité réglementaire ne sont plus un gage d'impact suffisant. Pour un alignement réel, l'investisseur doit exiger une transparence sur les données brutes : Empreinte carbone du portefeuille, trajectoire ITR, liste des entreprises. Chez Caravel, nous dépassons les promesses pour viser un impact mesurable : -40 % d'empreinte carbone par rapport au marché.

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« Votre argent travaille, mais pour qui ? »

Pendant des décennies, le secteur financier a opéré dans une boîte noire. Aujourd'hui, une question centrale s'impose : comment garantir que vos placements ne financent pas ce que vous boycottez au quotidien ?

Cette interrogation, bien documentée dans le monde académique sous le terme de values-aligned investing, marque un tournant. Il ne s'agit plus seulement de performance financière (« Est-ce rentable ? »), mais de cohérence avec son éthique (« Est-ce en accord avec mes valeurs ? »).

En 2026, il ne s'agit plus de croire une promesse marketing, mais de décrypter. Chez nous, nous  refusons la complaisance du flou et faisons le choix de la science de la donnée et de la transparence radicale pour aligner éthique et performance.

Comprendre le mécanisme de la finance durable

Finance et climat sont interconnectés : bien que principalement indirectes, les émissions de gaz à effet de serre du secteur financier ont un réel impact sur le climat. Et à l’inverse, la finance est particulièrement exposée aux conséquences du changement climatique.

Avant d'agir, il faut comprendre l'impact d'un investissement. Lorsque vous placez votre argent, il finance principalement l'économie réelle de deux manières :

  • Les Actions : Vous achetez une part du capital d'une entreprise, finançant son développement et participant à sa gouvernance.
  • Les Obligations : Vous prêtez de l'argent à une entreprise ou un État, lui permettant de s'endetter pour financer ses projets.

Dès lors, l'enjeu de l'investissement est de choisir les actifs auxquels votre épargne sera allouée.

Si, par exemple, vous boycottez certaines entreprises au quotidien, vous n’avez probablement pas envie que votre épargne serve à les financer. C’est pourquoi les investisseurs cherchent de plus en plus à aligner leurs placements avec leurs convictions, afin que la performance obtenue soit générée par des entreprises en accord avec leurs valeurs.

En investissant dans des activités qui œuvrent pour la transition écologique et énergétique, la finance peut jouer un rôle positif dans la lutte contre le changement climatique. C’est l’un des objectifs de la finance durable : allier performance environnementale et performance financière.

L’empreinte carbone des portefeuilles

Pour mesurer l'empreinte carbone, on utilise le GHG (Green House Gas) Protocol, un standard international divisant les émissions en trois catégories appelées « scopes » :

  • Scope 1 (Direct) : Ce que l’entreprise émet directement par ses propres infrastructures.
  • Scope 2 (Énergie) : Les émissions liées à la production de l’énergie (électricité, chaleur) achetée par l’entreprise.
  • Scope 3 (Chaîne de valeur) : Toutes les émissions indirectes, de la fabrication des produits achetés jusqu’à leur fin de vie.

Pour le secteur financier, le Scope 3 est le pivot central. Il englobe les « émissions financées » : lorsqu’une institution investit dans une entreprise polluante, elle devient indirectement co-responsable d’une partie de son bilan carbone. C’est ce que nous faisons pour nos portefeuilles Caravel (décrit ci-dessous)

ESG, ISR, Fonds Climat : Comment s’y retrouver ?

Pour investir avec sens, il est crucial de ne pas confondre la méthode, le label et l'objectif. Voici le panorama de la finance durable en 2026.

L’ESG : La "boîte à outils" d'analyse

Les critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) sont les indicateurs extra-financiers utilisés pour évaluer une entreprise au-delà de son bilan comptable.

  • E (Environnement) : Gestion des déchets, émissions de CO2, biodiversité.
  • S (Social) : Parité, santé et sécurité des salariés, respect du droit du travail chez les fournisseurs.
  • G (Gouvernance) : Indépendance du conseil d'administration, lutte contre la corruption.

Ce qu'il faut retenir : Faire de l'ESG ne signifie pas forcément qu'un fonds est "vert". C'est une méthode d'analyse qui aide à identifier les risques qu'un bilan financier ne montre pas.

L’ISR : Le label de "bonne conduite"

L’Investissement Socialement Responsable (ISR) est une approche qui utilise les critères ESG pour sélectionner les entreprises. En France, le Label ISR est le plus répandu.

Son but est de concilier performance financière et impact social/environnemental. Elle utilise une ****méthode ****souvent basée sur le "Best-in-class" (on choisit les meilleurs élèves de chaque secteur, même dans les secteurs polluants).

Le point de vigilance : Un fonds ISR peut inclure des entreprises dont l'activité globale n'est pas "verte", tant qu'elles respectent de bonnes pratiques sociales et de gouvernance.

Les Fonds Climat : Pour financer la transition

Contrairement à l'ISR qui est généraliste, le fonds Climat a un objectif précis : financer la transition écologique et énergétique.

Son but est d’aligner le portefeuille sur une trajectoire de réchauffement limitée (ex: +1.5°C ou +2°C) en utilisant une méthode plus stricte : Exclusion des énergies fossiles et sélection d'activités à faible empreinte carbone ou contribuant activement à la décarbonation.

Chez Caravel, nous avons fait le choix de la priorisation scientifique. Si les critères Sociaux (S) et de Gouvernance (G) sont essentiels à la vie d'une entreprise, nous considérons que le pilier Environnemental (E) est le levier le plus puissant — et le plus urgent — pour transformer l'économie réelle.

L'urgence de la mesure : Contrairement aux critères sociaux qui restent souvent qualitatifs et soumis à interprétation, la donnée carbone est mesurable, comparable et opposable. C'est le seul indicateur qui nous permet de vous dire avec certitude : "Votre épargne émet X tonnes de CO2 en moins".

La condition sine qua non : Sans stabilité climatique, les progrès sociaux et une bonne gouvernance sont menacés par les crises systémiques (migrations climatiques, pénuries de ressources, instabilité économique). Le "E" est le socle sur lequel reposent les autres piliers.

En nous concentrant sur le climat, nous évitons le piège de la "moyenne ESG" où une bonne note en gouvernance viendrait masquer un bilan carbone désastreux.

Toutefois, le secteur fait face à des défis : les définitions du "durable" varient, le risque de greenwashing existe, et la régulation (comme la Taxonomie européenne) est encore en phase de standardisation.

La plateforme MonEpargneClimat a réalisé la très bonne infographie suivante qui permet de différencier un fonds climat d’un fonds socialement responsable (ISR).

Concrètement comment aligner ses valeurs et ses investissements?

Pour s’assurer que vos placements restent en cohérence avec vos valeurs, il ne faut plus se contenter des promesses marketing des fonds, il faut des outils concrets qui vous permette de lire, comprendre et définir une stratégie qui soit alignée avec vos convictions.

L’Union européenne a mis en place un arsenal législatif qui transforme la finance durable d'un concept flou en une science de la donnée. Comprendre ces piliers vous permet d'exiger une transparence totale de la part de votre banquier ou gestionnaire.

La SFDR : classer les fonds par niveau d'ambition

La réglementation Sustainable Finance Disclosure Regulation (SFDR) impose aux gestionnaires de classer leurs produits financiers en trois catégories, selon leur degré d'intégration des critères ESG :

  • Article 6 : Le fonds n'a pas d'objectif de durabilité.
  • Article 8 (« Vert clair ») : Le fonds promeut des caractéristiques environnementales ou sociales, mais ce n'est pas son objectif principal.
  • Article 9 (« Vert foncé ») : Le fonds poursuit un objectif d'investissement durable explicite. C'est le niveau d'exigence le plus élevé.

La Taxonomie européenne : le « dictionnaire vert »

C’est une classification scientifique des activités économiques. Pour qu'une activité soit jugée "durable" selon la Taxonomie, elle doit :

  • Contribuer substantiellement à l'un des 6 objectifs environnementaux (ex: atténuation du changement climatique).
  • Ne causer de préjudice important (Do No Significant Harm) à aucun des 5 autres objectifs.
  • Respecter des garanties sociales minimales. En tant qu'épargnant, vous pouvez désormais demander : « Quel est le pourcentage d'alignement de ce fonds avec la Taxonomie européenne ? »

Les indicateurs PAI : mesurer l'impact négatif

La réglementation oblige désormais les fonds à publier les Principales Incidences Négatives (PAI). C'est un changement de paradigme : on ne regarde plus seulement si l'entreprise fait du bien, mais aussi quel mal elle fait (consommation d'eau, déchets dangereux, écarts de rémunération femmes-hommes). Chez Caravel, nous utilisons notamment le PAI Carbon Footprint pour garantir que votre argent ne finance pas activement la dégradation du climat.

Les nouvelles règles de l'ESMA sur le nommage des fonds

Depuis peu, l’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) interdit l'utilisation de termes comme « durable », « ESG » ou « impact » dans le nom d'un fonds si celui-ci ne respecte pas des seuils stricts d'investissement (80 % minimum) dans des activités réellement alignées. Cela réduit drastiquement l'espace pour le greenwashing purement sémantique.

Les labels (ISR, Greenfin, Finsol) : un repère utile mais incomplet

Traditionnellement, l’épargnant se tourne vers les labels pour se rassurer.

Le Label ISR (Investissement Socialement Responsable), pilier historique en France, a durci ses critères en 2024 pour exclure les entreprises développant de nouveaux projets d'énergies fossiles. Le Label Greenfin, quant à lui, est plus exigeant sur la part "verte" des activités financées et exclut totalement le nucléaire et les fossiles. On peut aussi citer le label Finansol pour l'épargne solidaire.

Cependant, en 2026, s'appuyer uniquement sur un label présente des limites. Un fonds peut être labellisé ISR tout en ayant une trajectoire de réchauffement à +3°C si sa méthodologie privilégie la notation sociale au détriment du climat. Les labels sont des "notes de comportement" à un instant T ; ils ne garantissent pas toujours l'impact réel ni la transparence sur la liste exhaustive des entreprises en portefeuille. Pour nous, le label est une condition nécessaire mais largement insuffisante pour garantir un alignement avec les accords de Paris.

La méthodologie Caravel

Nous nous efforçons de réduire l’impact environnemental de nos portefeuilles en nous appuyant sur deux indicateurs de référence, mesurables et opposables. Et nos résultats le montrent : avec une réduction d'empreinte carbone de 40 % constatée sur nos portefeuilles en 2025 (par rapport à leur benchmark).

Pour cela nous utilisons les fonds indiciels (ETFs) qui sont les seuls fonds à offrir publiquement une transparence de leur composition. Cela nous permet de connaitre exactement la liste des entreprises et leur poids dans lesquelles les fonds sont investis. En plus, nous pouvons vérifier si l’indice de référence que le fonds suit dispose de critères durables rigoureux. Nous appliquons notre politique d’exclusion et vérifions que le fonds écarte réellement les secteurs incompatibles avec nos valeurs (charbon, pétrole, armement). Nous avons choisir de ne pas nous reposer uniquement sur les labels, qui peuvent avoir des critères variables dans le temps, et nous appuyons sur deux indicateurs mesurables et opposables :

  • L’empreinte carbone (PAI) : Mesure les émissions de CO2 (scopes 1, 2 et 3) pour chaque million d'euros investi.
  • La trajectoire climatique (ITR) : Estime la hausse de température mondiale induite par le portefeuille. Un alignement sérieux vise moins de +2°C.

L’empreinte carbone (PAI Carbon Footprint)

Elle représente la somme annuelle des émissions de gaz à effet de serre du montant investi. Nous utilisons l'indicateur développé par MSCI ESG Research.

  • Notre engagement : Réduire l'empreinte carbone d'au moins 15 % par rapport aux indices de référence.
  • Résultat : Au 31 mai 2025, nos portefeuilles affichent une réduction moyenne de 40 %.

Le calcul suit cette logique de pondération :

Empreinte = ∑(PAI fonds×Poids du fonds)×Montant investi

La trajectoire climat (Implied Temperature Rise - ITR)

L'ITR (ou hausse des températures implicites) convertit les émissions actuelles et projetées des entreprises en une estimation du réchauffement mondial.

  • Le constat : Selon l'EBA (novembre 2024), la trajectoire moyenne des banques de l'UE se situe entre +3,7°C et +4,1°C.
  • L'objectif Caravel : Nous sélectionnons des actifs pour aligner nos portefeuilles sur une trajectoire à +2°C.

Attention aux projections : L'ITR est un outil puissant mais il repose sur les objectifs de réduction annoncés par les entreprises jusqu'en 2070. C'est un indicateur de trajectoire qui doit être suivi avec rigueur pour s'assurer que les promesses deviennent des réalités.

Conclusion : Reprenez le contrôle sur l'impact de votre argent

Aligner vos placements avec vos convictions n'est plus une question d'espoir, c'est une question de données. En 2026, la transparence n'est plus une option que les institutions vous "offrent", c'est un droit que vous devez exiger. En choisissant des indicateurs mathématiques comme l’empreinte carbone (PAI) et la trajectoire climatique (ITR), vous éliminez le flou artistique pour ne laisser place qu'à l'impact réel. Chez Caravel, nous mettons ces preuves directement entre vos mains, sur votre espace personnel. Parce que pour agir sur le monde de demain, il faut d'abord pouvoir le mesurer aujourd'hui.