
Quand on pense à préparer sa retraite ou à faire fructifier son épargne, deux produits reviennent souvent : le plan épargne retraite (PER) et l'assurance-vie. Ils peuvent être vus comme concurrents mais sont en réalité complémentaires, à condition de comprendre ce qui les rapproche et ce qui les différencie.
Chez Caravel, nous proposons les deux. Cet article vous aidera à comprendre leur logique respective, et à décider comment les combiner selon vos objectifs.
En un coup d’oeil
Le PER est un outil de défiscalisation et de préparation à la retraite. Vous bénéficiez d'un avantage fiscal immédiat sur vos versements, en contrepartie d'une épargne bloquée jusqu'à la retraite (sauf exceptions).
L'assurance-vie est un outil d'investissement longue durée, flexible. Vous pouvez retirer votre argent à tout moment, et bénéficier d'une fiscalité avantageuse sur les gains après 8 ans de détention.
Tous deux peuvent être investis sur les mêmes supports financiers (fonds euros, unités de compte) et offrent des avantages fiscaux à la transmission. Leur rentabilité attendue est identique chez Caravel ainsi que les frais, toujours les plus bas possibles.

Les différences
La fiscalité
Creusons maintenant davantage la fiscalité de chacun des produits.
Le PER : un avantage fiscal à géométrie variable
Chaque versement sur votre PER est déductible de vos revenus imposables, dans la limite de 10 % de vos revenus annuels. Concrètement, si vous versez 3 000 € et que votre taux marginal d'imposition est de 30 %, vous économisez 900 € d'impôts dès cette année. Plus vous êtes imposé, plus l'avantage est significatif.
En contrepartie, la rente ou le capital perçus à la retraite seront soumis à l'impôt sur le revenu, généralement à un taux plus faible, car vos revenus sont souvent moindres une fois retraité.
Et si je ne suis pas (encore) fortement imposé ?
La déduction fiscale à l'entrée est optionnelle. Si vous êtes peu ou pas imposé aujourd'hui, vous pouvez choisir de ne pas déduire vos versements maintenant, et bénéficier en échange d'une fiscalité allégée à la sortie : seuls les gains (et non le capital versé) seront imposés au moment du retrait. C'est particulièrement pertinent si vous anticipez des revenus plus élevés dans quelques années, vous aurez tout intérêt à basculer vers la déduction à ce moment-là.
Par ailleurs, le fait que les fonds soient bloqués jusqu'à la retraite peut être un avantage en soi pour ceux qui ont tendance à piocher dans leur épargne : votre capital retraite est ainsi protégé.
L'assurance-vie : l'avantage à la sortie
L'assurance-vie n'offre aucun avantage fiscal à l'entrée. En revanche, après 8 ans de détention, vous bénéficiez d'un abattement annuel sur les gains : 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple. Au-delà, les gains sont imposés à un taux réduit de 7,5 %. C'est ce qui fait de l'assurance-vie un outil de retrait de revenus très efficace sur le long terme.
💡 Bon à savoir : tant que vous ne retirez pas votre épargne, aucune plus-value n'est imposée, cela est valable pour les deux produits.
La disponibilité des fonds
C'est souvent la question décisive. L'assurance-vie est entièrement liquide : vous pouvez effectuer un retrait partiel ou total à tout moment, sans justification. Idéal si vous avez des projets à moyen terme (immobilier, études des enfants, reconversion...).
Le PER bloque votre épargne jusqu'à la retraite, sauf dans ces cas précis :
- Achat de votre résidence principale
- Invalidité ou décès du conjoint
- Fin de droits aux allocations chômage
- Surendettement ou liquidation judiciaire
- Accident de la vie grave
Si vous n'envisagez pas de toucher à votre épargne avant la retraite, ce blocage devient un avantage : il protège votre capital des dépenses impulsives.
Le transfert : avantage structurel du PER
Un point souvent méconnu : le PER est transférable vers un autre gestionnaire à tout moment. Si vous détenez déjà un PER et que les frais sont trop élevés ou les performances insuffisantes, vous pouvez le transférer sans perdre l'antériorité fiscale de votre contrat (gratuit après 5 ans).
L'assurance-vie, elle, ne peut pas être transférée. Pour changer de gestionnaire, vous devez clôturer le contrat et en ouvrir un nouveau — en perdant l'antériorité fiscale acquise.
💡 Astuce : si vous avez une assurance-vie de plus de 8 ans et êtes à plus de 5 ans de la retraite, vous pouvez la transférer vers un PER et bénéficier d'un double avantage fiscal (abattement à la sortie de l'assurance-vie + déduction à l'entrée du PER).
Qu’est-ce qu’on décide ?
Voici quatre profils concrets pour vous aider à vous positionner.
💡 Une grille simple de lecture pour vous aider est celle du “Now-Soon-Later”
- “Now “: épargne dont vous aurez besoin d'ici 2 ans, privilégiez un livret A ou un compte rémunéré.
- “Soon” : épargne dont vous aurez besoin pour des projets entre 2 et 10 ans, privilégiez l’assurance vie.
- “Later” : épargne dont vous n'aurez pas besoin avant 10 ans, optez pour le PER ou l’assurance-vie.
1️⃣ Marc, 42 ans — Cadre supérieur, TMI à 41 %
Pas de projet immobilier prévu. Souhaite réduire ses impôts tout en préparant sa retraite.
→ PER en priorité
Chaque 1 000 € versés sur son PER lui économise 410 € d'impôts immédiatement. L'avantage fiscal est considérable. Il garde une assurance-vie pour son épargne plus liquide.
2️⃣ Sophie, 35 ans — Indépendante, revenus variables
Projet d'achat immobilier dans 5-7 ans. Veut rester flexible dans son épargne.
→ Assurance-vie en priorité
La liquidité est essentielle. Elle privilégie l'assurance-vie. Quand ses revenus stabiliseront, elle ouvrira un PER pour défiscaliser. Son AV de plus de 8 ans pourra être transférée avec double abattement.
3️⃣ Antoine & Claire, 48 ans — Couple, propriétaires, TMI à 30 %
Enfants grands. Épargne stable. À 17 ans de la retraite. Veulent optimiser leur patrimoine.
→ Les deux, rôles complémentaires
Ils versent chaque année sur leur PER pour défiscaliser (économie de 30 % sur chaque versement). Leur assurance-vie, déjà ancienne, sert à retirer des revenus complémentaires avant et pendant la retraite avec une fiscalité allégée.
4️⃣ Lucie, 28 ans — Début de carrière, TMI à 11 %
Faiblement imposée. De nombreux projets à horizon 5-10 ans. Veut commencer à épargner sans se bloquer.
→ Assurance-vie d'abord
L'avantage fiscal du PER est marginal à son taux. Elle ouvre une assurance-vie pour construire une épargne flexible. Dans quelques années, quand son revenu augmentera, le PER deviendra très intéressant. Mais si sa capacité d’épargne est suffisante, ouvrir les 2 est pertinent. Elle peut ouvrir un PER sans déduire ses versements maintenant et bénéficier d'une sortie allégée à la retraite. || --- | --- |
Dans la grande majorité des cas et lorsque c’est possible, ouvrir les deux produits est la meilleure stratégie. Ils ne font pas le même travail :
- Le PER optimise votre fiscalité pendant votre vie active, en particulier si votre TMI est à 30 % ou plus.
- L'assurance-vie constitue une épargne accessible pour vos projets de vie et un outil de retrait fiscal efficace à la retraite.
- Ensemble, ils couvrent l'ensemble de vos besoins : fiscalité, liquidité, transmission.
💡 Règle simple : versez sur votre PER ce que vous êtes sûr de ne pas toucher avant la retraite. Mettez le reste en assurance-vie.
Des questions sur votre situation ? Notre équipe est disponible pour vous accompagner dans votre choix et vous aider à construire une stratégie d'épargne adaptée à vos objectifs.









